Formes cliniques du SICEM et du MCS

Outre les tableaux typiques, tels que précédemment décrits, l’intolérance aux champs électromagnétiques et/ou aux produits chimiques peut réveler de multiples aspects cliniques qui risquent de dérouter les praticiens les plus chevronnés. Les formes cliniques doivent donc être bien connues de l’ensemble des médecins. Elles posent de nombreux problèmes de diagnostic différentiel. Dans ce cas, le diagnostic d’intolérance et éventuellement d’hypersensibilité ne peut être en fait qu’un diagnostic d’élimination.

    Formes migraineuses
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    Les formes migraineuses sont très fréquentes, les maux de tête présentés par les sujets intolérants aux champs électromagnétiques et/ou aux produits chimiques pouvant revêtir l’aspect d’une migraine banale. On retiendra cependant en défaveur de la migraine, l’absence d’aura, le siège non unilatéral de la céphalée, son association à des dysesthésies au niveau du cuir chevelu et/ou du visage, la survenue au moment des maux de tête d’une douleur/raideur de la nuque (qui est un signe quasi pathognomique, lequel est généralement confirmé par la radio du rachis cervical), le non soulagement par l’obscurité et/ou la prise de médicaments antimigraineux habituels, enfin l’existence des autres symptômes d’intolérance (faux vertiges, acouphènes, troubles cognitifs etc…) et surtout la notion que le déclenchement a été induit par la proximité d’une source électromagnétique ou chimique quelle qu’elle soit.

    L’échodoppler cérébral est ici essentiel, révélant en cas d’intolérance, la présence d’une hypoperfusion cérébrale, en particulier dans l’un et/ou les deux lobes temporaux, alors que dans la migraine typique, c’est d’une hyperperfusion unilatérale qu’il s’agit.

    Cependant, les malades atteints d’intolérance peuvent avoir présenté des épisodes migraineux authentiques dans leurs antécédents, voir présenter à la fois des épisodes migraineux typiques, alternant avec des maux de tête n’évoquant pas une migraine. Il est d’ailleurs possible, bien que cela soit probablement plus rare, que de véritables migraines soient causées par des champs électromagnétiques et/ou par des des produits chimiques, la survenue d’une migraine typique ne contre indiquant donc nullement la recherche d’une cause environnementale qu’elle soit d’origine électromagnétique ou chimique.

    Quoiqu’il en soit, dans tous les cas on éliminera formellement une affection cérébrale organique, par la recherche d’une hypertension artérielle, la réalisation d’un échodoppler carotidien et d’un scanner/IRM cérébrale, voir d’un angioscan.

      Formes sensitives
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      Les formes dysesthésiques sont très fréquentes. De façon générale, la survenue de dysesthésies est facilement rapportée à l’exposition aux champs électromagnétiques et/ou aux produits chimiques. Elles prennent en outre en général des aspects particuliers, qui permet d’en distinguer l’origine : les dysesthésies causées par les champs électromagnétiques (SICEM), qu’elles soient à type de picotements, fourmillements ou brûlures (causalgies) sont surtout localisées au cuir chevelu, au visage et aux membres supérieurs (plus rarement aux membres inférieurs), alors que les dysesthésies causées par les produits chimiques (MCS) le sont principalement au niveau de la sphère ORL (nez, pourtour des lèvres, cavité buccale, langue, pharynx) et oesogastrique, où elles se manifestent alors le plus souvent sous forme de brûlures. Mais en cas d’œdème de la face lié à un MCS authentique, celles-ci peuvent exister comme dans le SICEM au niveau du visage. Le point fondamental lorsqu’existent des dysesthésies, et d’autant plus si elles sont accompagnées de troubles oculaires et/ou de faux vertiges avec troubles de la marche, est d’éliminer une sclérose en plaques (SEP) débutante par la recherche d’une névrite optique rétrobulbaire au fond d’œil et la réalisation d’une IRM et éventuellement d’une ponction lombaire. Or le diagnostic d’élimination peut être rendu difficile car il est apparu dans notre série que certaines poussées de SEP pourraient être déclenchées par l’exposition à des champs électromagnétiques –d’où les mesures de précaution à prendre-, et qu’à l’inverse, dans quelques cas, le diagnostic de sclérose en plaques a pu être remis en question chez des malades en réalité atteints de SICEM. Ainsi chez ces quelques malades, grâce au traitement et aux mesures de protection électromagnétique mises en œuvre, ceux-ci n’ont jusqu’à ce jour pas rechuté d’une maladie peut-être diagnostiquée à tort.

        Formes ophtalmiques
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        Assez souvent les malades se plaignent de douleurs oculaires siégeant fréquemment au niveau du fond de l’orbite, de spasmes des paupières, voir de ptosis transitoire, ou de troubles visuels plus banaux tels que amblyopie (baisse de la vision), flashs lumineux etc.., alors que l’examen ophtalmologique (en particulier du fond d’œil) se révèle strictement normal. Pourtant,  la normalité de cet examen ne saurait remettre en question le diagnostic de SICEM ou de MCS. Bien au contraire. Cette normalité jointe aux autres symptômes en constitue un signe évocateur. Dans quelques rares cas, un nystagmus est possible, attirant l’attention vers le tronc cérébral, alors que les explorations neurologiques sont par ailleurs tout à fait rassurantes. Enfin, des manifestations de conjonctivite sous la forme d’un syndrome « sec » ou au contraire « humide » (larmoiements) sont possibles, attirant l’attention soit vers une maladie auto-immune ou une collagénose (syndrome sec), soit vers un phénomène allergique (syndrome humide). Ces types de manifestations sont assez fréquents en cas de MCS. En fait l’existence d’un syndrome sec implique la recherche systématique d’une maladie auto-immune puisqu’on sait qu’elle est l’une des complications fréquentes du MCS.

          Formes ORL
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          Dans certains cas, la symptomatologie prédominante est constituée par la survenue d’acouphènes considérés apparemment comme étant idiopathiques, qu’ils soient à type de sifflements (sons aigus) ou de bourdonnements (sons graves), transitoires ou continus, touchant une oreille ou plus souvent les deux, mais qui, lorsqu’ils sont accompagnés d’autres symptômes évocateurs doivent mettre sur la voie d’une intolérance aux champs électromagnétiques et/ou chimiques.

          Associée aux acouphènes, l’hyperacousie est très fréquente, manifestée par une intolérance aux bruits (surtout aux bruits de fond). Bien que les ondes sonores soient physiquement différentes des ondes électromagnétiques, acouphènes et hyperacousie doivent faire rechercher par principe un SICEM. La normalité de l’examen audiométrique (audiogramme) est là aussi très évocatrice, de même que l’augmentation du taux de protéine S100 B dans le sang en l’absence d’antécédents d’otites à répétition.

          Quant à l’hypoacousie, celle-ci est possible, et, lorsque confirmée par l’audiogramme, et cela d’autant plus si elle est unilatérale, doit systématiquement faire rechercher un neurinome de l’acoustique ou un méningiome, par la réalisation d’un scanner (ou d’une IRM). Des vertiges de Ménière (vrais vertiges) sont possibles, mais en réalité exceptionnels. Le plus souvent existent en effet des faux vertiges (c’est la tête « qui tourne » et non les objets), traduisant une possible atteinte de la sensibilité profonde.

            Formes pseudoébrieuses
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            Dans certains cas, les faux vertiges et troubles de l’équilibre sont au premier plan, les malades indiquant eux-mêmes avoir l’impression d’avoir trop bu. Les chutes sont exceptionnelles, bien que possibles. Dans tous les cas, l’absence d’ébriété peut être écartée facilement à l’interrogatoire et à l’analyse précise des symptômes à l’examen neurologique. Dans environ 5% des cas de notre série, on a observé un signe de Romberg à l’occlusion des yeux. Ces formes traduisent l’atteinte de la sensibilité profonde et seraient corrélées à une hypoperfusion de certains territoires du cerveau dont la région capsulothalamique à l’échodoppler cérébral. De telles formes nécessitent là encore d’éliminer formellement une sclérose en plaques.

              Formes myalgiques
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              Les douleurs musculaires (myalgies) sont un symptôme très fréquent, aussi bien en cas de SICEM que de MCS. Les myalgies sont le plus souvent diffuses, mais siègent souvent au niveau de la nuque et des trapèzes, s’accompagnant alors de raideur. La douleur et raideur de la nuque associées à des céphalées sont très évocatrices de SICEM, à condition d’avoir éliminé une arthrose cervicale. En effet typiquement en cas de SICEM, la radiographie du rachis cervical confirme la raideur simple du squelette sans discopathies. Les myalgies peuvent concerner les membres supérieurs et/ou inférieurs (crampes au niveau des mollets) et même les muscles du tronc. Elles peuvent s’accompagner de spasmes et/ou de fasciculations musculaires, jamais d’amyotrophie. Au total, dans les cas les plus extrêmes, le tableau peut faire évoquer une fibromyalgie, un diagnostic qu’en fait nous remettons souvent en question, faisant entrer les symptômes cliniques et biologiques observés dans le cadre d’une forme myalgique de SICEM et/ou de MCS.

              En effet, dans ce cas, les enzymes musculaires sont toujours normales, alors que l’échodoppler cérébral est pathologique et que les marqueurs biologiques tels que précédemment rapportés sont souvent positifs.

                Formes arthritiques
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                Les malades atteints de SICEM ou de MCS présentent parfois des douleurs et raideurs articulaires.

                Le plus souvent, il s’agit de simples arthralgies, rarement associées à des signes objectifs (raideur, déformations). Les symptômes peuvent toucher n’importe quelle articulation et être diffus. L’essentiel est d’éliminer une affection rhumatologique débutante (arthrose, polyarthrite rhumatoïde etc…).

                Dans quelques cas, on a pu observer l’évolution d’un MCS typique vers une polyarthrite rhumatoïde confirmée biologiquement, dans le cadre d’une maladie auto-immune, et dans d’autres cas, dans le cadre d’un SICEM, une poussée d’arthrose véritable (au niveau des mains), apparemment déclenchée par une exposition prolongée aux champs électromagnétiques.

                  Formes dermatologiques
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                  Les manifestations cutanées sont extrêmement fréquentes en cas de SICEM. Induites directement au gré des différents types d’expositions, ces formes cliniques sont caractérisées par leur relatif polymorphisme et leur fugacité, ce qui peut en rendre le diagnostic difficile. Les aspects et contextes de survenue permettent cependant de distinguer les lésions induites par les champs électromagnétiques de celles induites par les produits chimiques.

                  Dans le cadre du SICEM, les lésions observées peuvent consister en une simple rougeur/chaleur d’une partie du corps (le visage très fréquemment), en érythèmes ponctués (en tête d’épingle) au niveau des avant-bras, ou en érythèmes comparables à un « coup de soleil », voire même en cas d’électrohypersensibilité sévère en une brûlure du second degré. Ces lésions résultent d’un effet direct des champs électromagnétiques sur la peau. Elles siègent le plus souvent au niveau du visage, des membres supérieurs, surtout au niveau des avant-bras. Plus rarement elles peuvent siéger au niveau du tronc. Elles peuvent s’accompagner de dysesthésies, plus rarement de prurit. Leur caractère fugace fait que leur diagnostic peut être fait a posteriori sur les photographies apportées par les malades. Dans quelques cas, on a pu observer et palper la présence de nodules dermo-hyperdermiques au niveau du cuir chevelu, lesquels traduisent probablement une réaction inflammatoire à l’exposition aux champs électromagnétiques.

                  En cas d’intolérance multiple aux produits chimiques, les lésions cutanées souvent prurigineuses évoquent plus volontiers des manifestations systémiques à type d’eczéma ou d’urticaire, celles-ci pouvant s’accompagner d’œdème du visage évoquant alors un œdème de Quincke. L’existence de phénomènes allergiques est possible, bien que le plus souvent non rigoureusement démontrée. Néanmoins, et cela d’autant plus s’il existe un prurit et une hyperhistaminémie, on préconise dans ces formes la mise sous antihistaminiques plutôt que l’utilisation de corticoïde, qui selon notre expérience, est contre indiqué chez de tels malades.

                    Formes cardiaques et formes respiratoires
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                    Les manifestations symptomatiques cardio-respiratoires à type d’oppression thoracique et de palpitations sont relativement fréquentes et communes au SICEM et au MCS. Par contre les formes cliniques diffèrent selon la nature électromagnétique ou chimique de l’exposition. Les troubles du rythme cardiaque (tachycardie, tachyarythmie par extrasystoles auriculaires, beaucoup plus rarement extrasystoles ventriculaires) sont essentiellement l’apanage du SICEM, chez les malades devenus électrohypersensibles. Ou reconnaitra ces formes d’autant plus s’il existe un pacemaker faisant antenne. Seule la pose suffisamment prolongée d’un holter (pendant plusieurs jours) pourra éclairer le praticien sur l’existence de troubles du rythme liés aux CEM. Cependant en l’absence d’interrogatoire poussé recherchant un lien possible avec une exposition à des champs électromagnétiques ou électriques, ce lien  pourra ne pas être établi. Ce qui explique que ces formes puissent être habituellement considérées comme idiopathiques par les cardiologues. Dans notre série on a d’autre part recensé plusieurs cas de malaises par hypotension artérielle ou à l’inverse par hypertension artérielle survenus chez des malades électrohypersensibles ayant séjourné ne serait-ce que quelques heures à proximité d’une ligne à haute tension. Exceptionnellement ces malaises se sont accompagnés de perte de connaissance. Dans des situations extrêmes, notamment en cas d’électrocution ou d’exposition prolongée à des champs électromagnétiques de très forte intensité, notamment à proximité de lignes à très haute tension, la mort par défaillance cardiaque, plus précisément par fibrillation ventriculaire a pu survenir.

                    Si les formes cardiaques sont l’apanage de l’électrohypersensibilité, les formes respiratoires sont quant à elles une caractéristique  de l’intolérance aux produits chimiques. Ici en présence d’une exposition aux produits chimiques, l’oppression thoracique s’accompagne de bronchospasme, lequel peut évoluer en crise d’asthme ou plutôt de « peudo-asthme », ce-dernier devant être distingué de l’asthme allergique habituel. Des formes laryngées sont également possibles, manifestées par une dysphonie, de la toux, et une gêne respiratoire. La mise sous antihistaminiques permet dans certains cas la disparition des symptômes. Beaucoup plus rarement, les formes respiratoires du MCS peuvent évoluer vers une bronchopathie chronique. Cela est cependant le cas s’il y a des antécédents tabagiques, ou l’existence d’un véritable asthme allergique dans l’enfance. A noter que, typiquement, les formes respiratoires de MCS ne s’accompagnent d’aucun antécédent atopique personnel ou familial, y compris lorsque biologiquement on note la présence d’une hyperhistaminémie.

                      Formes neurologiques
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                      Outre les dysesthésies, des troubles de l’équilibre avec signe de Romberg (5% des cas dans notre série) peuvent exister. Plus rarement, de possibles manifestations extrapyramidales traduites par une roue dentée et des tremblements de repos à l’examen clinique sont observées. L’évolution du SICEM est incontestablement caractérisée par la possibilité de véritables formes neurologiques de l’affection posant au plan du diagnostic différentiel autant de problèmes particulièrement difficiles. Une forme très particulière et relativement fréquente est celle caractérisée par la disparition subite et transitoire de la force musculaire dans l’un des membres, sous l’effet direct de l’exposition aux champs électromagnétiques. Ces formes relèvent de ce que nous appelons « ictus paralytique ». Ce type d’épisode étant transitoire et résolutif, lorsqu’on examine le malade plus tard, l’examen neurologique est alors normal de même que les potentiels évoqués, s’ils sont réalisés. De telles formes à type d’ictus paralytiques ne doivent pas être confondues avec les accidents ischémiques transitoires (AIT) classiques, considérés entrer dans le cadre d’une pathologie vasculaire athéromateuse, bien que les mécanismes physiopathologiques en cause puissent comporter des points communs avec le SICEM (hypoperfusion cérébrale transitoire).

                      Il existe d’autre part de très nombreuses formes neurologiques, telles que celles simulant (ou induisant) une sclérose en plaques, celles évoquant (ou induisant) un syndrome parkinsonien, ou encore celles manifestées par de l’épilepsie générale (avec perte de connaissance) ou évoquant une épilepsie temporale, voire un petit mal épileptique, enfin dans un cas, on a pu observer un tableau clinique typique de SICEM associée à une chorée.

                      Ces différentes formes neurologiques posent donc à l’évidence la question du rôle des champs électromagnétiques dans le déclenchement ou l’amplification des affections neurologiques dites dégénératives du système nerveux, pour lesquelles aucune étiologie n’est aujourd’hui scientifiquement établie avec certitude.

                        Formes psychiatriques
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                        Il convient de distinguer très clairement les affirmations actuelles des pouvoirs publics et politiques et même de certains médecins, qui sans qu’ils l’admettent ont en fait rejoint l’opinion des opérateurs, des réalités médico-scientifiques de terrain, telles qu’on peut les mettre en évidence par l’examen minutieux tant au plan somatique que psychologique des malades concernés. Il est évident que la très grande majorité des malades atteints d’électrohypersensibilité (EHS) et/ou de sensibilité multiple aux produits chimiques (MCS) ne relèvent pas de la psychiatrie. Par contre il est tout autant clair qu’un nombre très limité mais finalement signifiant de malades se disant être EHS, en l’absence de traitement approprié et de mesures d’éviction, sont atteints de forme réellement psychiatriques.  En cela les travaux réalisés par l’ARTAC et l’ECERI se distinguent donc fondamentalement de ce qui est affirmé sans preuve scientifique par les pouvoirs publics et les opérateurs et même par certains « experts » ou pseudo experts. S’il est tout à fait exact qu’une tendance dépressive, secondaire à l’insomnie et à la fatigue, qu’une très grande émotivité avec parfois comportement d’irritabilité, que des crises d’angoisse liées au fait que les malades se sentent abandonnés par le corps médical, font partie du tableau clinique habituel de la maladie, que les malades soient atteints d’EHS et/ou de MCS, il est tout aussi clair que les symptômes ne sont pas nécessairement révélateurs d’une affection psychiatrique. Ces formes particulières prennent différents aspects et peuvent en effet mettre à tort sur la voie d’un diagnostic purement psychiatrique : dépression sévère (c’est le cas le plus fréquent, en cas notamment de fatigue chronique non reconnue à temps et non correctement traitée), crises d’angoisse avec parfois véritables crises de panique, hallucinations visuelles et/ou auditives, entrant éventuellement dans le cadre d’un possible syndrome de Frei. Ces manifestations ne doivent cependant pas faire illusion. Dans de très nombreux cas, sous l’effet du traitement anti inflammatoire, antioxydant et éventuellement antihistaminique mis en œuvre et d’un sevrage électromagnétique total, elles sont susceptibles de régresser et même de disparaître, rendant l’hospitalisation en milieu psychiatrique et la prescription de médicaments antipsychotiques inutile, voire dangereuse et de plus, le plus souvent, totalement inefficace. Les psychiatres doivent donc être informés de l’existence de ces formes liées à une intolérance électromagnétique (ou chimique) et agir en conséquence.

                        Par contre on doit admettre qu’un nombre certes limité, mais finalement non négligeable de ces malades, en l’absence de traitement approprié et de mesures d’éviction strictes, sont atteints de formes qui à la longue peuvent devenir réellement psychiatriques. Ainsi lorsqu’il existe un syndrome confusionnel avec désorientation temporospatiale, la survenue de délires aigus et de troubles du comportement précédants ou étant associés à un état de démence proche de la maladie d’Alzheimer, il est évident que de tels malades relèvent d’une prise en charge psychiatrique. Tout en sachant ici qu’en l’état cette prise en charge a des indications largement surestimées, de très nombreux malades atteints de simple EHS et/ou MCS étant traités abusivement par des thérapeutiques à visée psychiatrique lourdes, plus souvent aggravantes que réellement efficaces.

                          Fatigue chronique
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                          Très souvent, en cas d’exposition prolongée aux agents considérés, les malades atteints d’EHS ou de MCS présentent un tableau de fatigue chronique. Cette fatigue est le plus souvent matinale (en raison d’un sommeil non réparateur), mais peut en fait être permanente et de plus être très intense, allant jusqu’à l’épuisement. A cette fatigue peut être associée une tendance dépressive réactionnelle de type purement symptomatique. Celle-ci ne doit donc pas être interprétée comme d’origine psychologique et alors éventuellement confondue avec un « burn out » ou même psychosomatique, ce qui est malheureusement trop souvent le cas. Le véritable problème ici est donc d’éliminer par des investigations appropriées une véritable affection ou maladie somatique à l’origine de la fatigue : infection virale, inflammation, troubles du métabolisme, cancers etc…Avant d’envisager la possibilité d’un syndrome de fatigue chronique, dont on sait qu’il est caractérisé par une réalité clinique, mais dont l’étiologie demeure actuellement encore totalement inconnue.

                          Ainsi devra-t-on s’attacher à montrer que la fatigue observée est bien liée à une exposition aux champs électromagnétiques et/ou aux produits chimiques, avant de rester sur un diagnostic de syndrome de fatigue chronique, et dans ce cas envisager au plan des recherches un certain nombre d’investigations spécialisées.

                            Formes pédiatriques
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                            Les manifestations liées aux champs électromagnétiques (ou aux produits chimiques) chez l’enfant sont très probablement sous-estimées, car mis sur le compte de troubles du comportement psychologiques d’origine familiale ou à l’école. Dyslexie, troubles de l’attention et de la concentration, déficit de la mémoire de fixation, retard scolaire,  irritabilité et violence verbale ou physique chez l’adolescent en sont les caractéristiques essentielles, avant de s’organiser et d’évoluer en possible psychose. Des syndromes confusionnels majeurs évoquant une maladie d’Alzheimer du sujet jeune sont possibles, tels le cas de cet adolescent de quinze ans, ayant dormi pendant 5 ou 6 ans avec son portable allumé sous son oreiller, et qui présentait une symptomatologie de confusion mentale évoquant à la scintigraphie cérébrale une maladie d’Alzheimer ! Ou de cet autre adolescent chez lequel survenaient des pertes de connaissance à répétition évoquant cliniquement des crises d’épilepsie à répétition, sans qu’on ait pu l’affirmer (les électroencéphalogrammes réalisés en-dehors des crises étaient toujours normaux), alors qu’il abusait du téléphone portable (plusieurs heures par jour) et de l’ordinateur, malgré les limitations imposées par la mère. Ou ce nourrisson de trois mois environ, dans les bras de sa mère, et qui en hurlant, montrait du doigt sa tempe, là où probablement il avait mal, alors qu’il se trouvait à proximité d’une borne wifi. Ces observations sont très certainement anecdotiques et ne constituent pas en elles-mêmes, à l’évidence, des preuves scientifiques de la nocivité des CEM chez les enfants, mais elles fixent indiscutablement les orientations de recherche à venir. Quoiqu’il en soit, dans tous les cas explorés, les tests effectués chez les enfants montrent tant au plan de l’hypoperfusion cérébrale que des marqueurs sanguins, des résultats comparables à ceux obtenus chez l’adulte. A noter enfin le risque apparemment démontré d’autisme après la naissance, lorsque la mère a été exposée à des CEM lors de la période de grossesse

                              Hypospermie, hypofécondité et stérilité
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                              Dans quelques cas de notre série, une hypospermie avec anomalies des spermatozoïdes a pu être observée chez des adultes jeunes ayant utilisé un ordinateur sur les genoux, pendant des périodes de temps prolongées. En outre certaines études chez l’animal confirment l’induction d’hypofécondité ou de stérilité liée aux champs électromagnétiques.

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