Préjudices moraux et sociétaux : que faire ?

Les effets des champs électromagnétiques sur la santé sont extrêmement sevères et préjudiciables. Le SICEM représente un état pré-Alzheimer, certes encore réversible, mais qui peut évoluer, en l’absence de traitement préventif et de mesures de sevrage électromagnétique vers un véritable état de démence. Or toute exposition à des champs électromagnétiques peut aussi avoir pour conséquence une évolution vers un cancer. C’est la conclusion aujourd’hui de l’OMS pour l’exposition aux radiofréquences et qui complète ce que l’on savait déjà, à savoir que les basses ou extrêmement basses fréquences sont possiblement cancérigènes. Ainsi c’est l’ensemble des fréquences du spectre électromagnétique (extrêmement basses et basses fréquences, radiofréquences et hyperfréquences) qui est aujourd’hui classé dans le groupe 2B de l’OMS autrement dit comme possiblement cancérigène.

De même, la survenue d’un MCS représente un handicap certain, en raison de son évolution chronique, rendant la vie quotidienne extrêmement difficile, avec le risque d’évoluer vers une maladie auto immune, une maladie endocrinienne ou un lymphome.

Or dans les deux cas, au plan sociétal, la facture est très souvent dramatique. C’est le plus souvent toute une vie qui est chamboulée et qu’il faudra reconstruire : perte d’emploi, rupture de couple, isolement familial et sociétal, consultations médicales et sociales sans fin en raison de l’absence de reconnaissance des affections ou de leur méconnaissance, changement de domicile, contraction de dettes et appauvrissement ; et chez l’enfant : dyslexie, retard scolaire et troubles du comportement.

Ni l’ARTAC ni l’ECERI n’ont pour vocation d’inciter les malades à faire appel à la justice. Néanmoins les sévices et préjudices actuels sont aujourd’hui devenus tels que devant l’incompréhension des pouvoirs publics et politiques, des malades de plus en plus nombreux envisagent de porter plainte. Un état des lieux des actions juridiques en cours a été dressé par plusieurs associations de malades. Aux actions citoyennes individuelles ou collectives, s’ajoutent le combat politique et administratif des malades et celui de la communauté médico-scientifique internationale.

    1. Actions citoyennes

    L’expérience de l’ARTAC en la matière permet les quelques conseils suivants :

    1. D’abord et avant tout prendre conseil auprès des associations d’aide aux malades.
    2. Obtenir des certificats médicaux au fur et à mesure de la progression symptomatique et prendre des photos des éventuelles lésions cutanées et de l’environnement potentiellement en cause (antennes..).
    3. Faire une demande de reconnaissance d’handicap auprès de la MDPH.
    4. En paralléle à cette demande on pourra chaque fois que des examens et des traitements médicamenteux sont nécessaires faire une demande d'exonération au titre de l'affection exonérante n° 31 auprés de la sécurité sociale. Contrairement à la liste des 30 affections bien définies l'affection 31 doit être individualisée et nécessiter des soins prolongés et relativement coûteux, être reconnue par le médecin conseil du régime de sécurité sociale qui va traiter le dossier.
    5. Comme dans toute procédure sociale il existe des voies de recours en cas de litige, ici l'expertise médicale prévue par la législation du code de la sécurité sociale (article L141.1).
    6. Créer un collectif d’usagers (habitants d’immeuble, parents d’élèves, etc…) présentant le même objectif.
    7. Faire appel à un expert agréé pour la réalisation des mesures afin de s’assurer qu’il y a bien une pollution électromagnétique ou chimique incompatible avec une bonne santé.
    8. Prendre un avocat spécialisé. Ceux-ci sont de plus en plus nombreux. Certaines associations peuvent être ici de bon conseil.
    9. Peser le pour et le contre avant de décider de porter plainte. Les procédures sont longues, coûteuses et incertaines dans le contexte actuel. Le dossier devra être étayé de rapports d’expertise ou de contre expertise. La plainte a sans doute plus de poids lorsqu’elle émane d’un collectif plutôt que d’une seule personne.

      2. Le combat sociétal

      Il est évident ici que les associations ont un rôle majeur à jouer.

      Pour la reconnaissance de l’électrohypersensibilité, et la défense des malades, il y en a plusieurs centaines dans le monde : en particulier au Canada, aux Etats-Unis, et en Europe : Suède, Norvège, Danemark, Italie, France, Belgique, Allemagne, Espagne, etc…

      Il serait à conseiller que ces associations se regroupent afin de faire entendre leur voix de façon plus forte, auprès des pouvoirs politiques et surtout des organismes internationaux. Mais le combat associatif ne saurait réussir sans un message basé sur des données scientifiques solidement établies : le combat est donc aussi médico-scientifique.

        3. Le combat médico-scientifique

        Plusieurs milliers d’articles scientifiques traitant d’effets sanitaires des CEM et/ou des produits chimiques sont actuellement disponibles dans la littérature internationale. Citons en particulier les deux rapports « Bio initiative » rédigés par une trentaine d’experts internationaux (dont aucun français) et qui ont colligé au total plus de 2000 articles scientifiques sur les effets sanitaires des CEM. A noter que l’électrohypersensibilité n’est pas traitée dans ces deux rapports. Par contre, les articles concernant l’hypersensibilité aux produits chimiques sont beaucoup plus rares. Il y a donc lieu ici qu’en connaissance de cause les chercheurs et le corps médical des différents pays continuent à se mobiliser sous la forme d’appels et de pétitions, et cela malgré les pressions en provenance de l’industrie et des pouvoirs politiques des pays, afin que les malades soient reconnus être porteurs de ces affections et par conséquent réparés. S’il existe en effet encore des zones d’ombre dans la connaissance des mécanismes à l’origine de ces affections, il ne fait aujourd’hui plus de doute que les CEM et/ou certains produits chimiques sont en cause. Aux détracteurs de ce nouveau paradigme médico-scientifique, sans doute au minimum doit-on opposer l’existence même de ces nouveaux malades dont le nombre est croissant, et au sujet desquels le discours ambiant a trop souvent tendance à nier ou dénier l’origine de leurs maux, en raison d’intérêts économiques.

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